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Publié le 10 juillet 2026

Anticiper · directives & volontés

Don du corps et d'organes : exprimer votre volonté en Suisse

Vous voulez donner vos organes, ou léguer votre corps à la science ? Ce sont deux démarches différentes, avec des buts et des interlocuteurs distincts. Le don d'organes sauve ou améliore la vie d'autres patients. Le don du corps sert à l'enseignement et à la recherche en médecine. Dans les deux cas, l'essentiel est le même : exprimer votre volonté clairement et en parler à vos proches.

Don du corps et d'organes : exprimer votre volonté en Suisse

Vous voulez donner vos organes, ou léguer votre corps à la science ? Ce sont deux démarches différentes, avec des buts et des interlocuteurs distincts. Le don d'organes sauve ou améliore la vie d'autres patients. Le don du corps sert à l'enseignement et à la recherche en médecine. Dans les deux cas, l'essentiel est le même : exprimer votre volonté clairement et en parler à vos proches.

Don d'organes : le principe en Suisse

La Suisse a accepté, lors de la votation du 15 mai 2022, de passer au principe du consentement présumé (modèle de l'opposition). Mais cette réforme n'est pas encore en vigueur : son entrée en application, liée à la mise en place d'un registre national, est attendue au plus tôt en 2027.

En attendant, la Suisse applique le consentement au sens large : un prélèvement d'organes n'est possible que si la personne y a consenti de son vivant. Si sa volonté n'est pas connue, ce sont ses proches qui décident, selon ce qu'elle aurait probablement souhaité. Dans les deux régimes, vos proches gardent la parole — d'où l'importance d'exprimer votre choix et de le leur faire connaître.

Bon à savoir

Le cadre légal évolue : le consentement présumé entrera en vigueur au plus tôt en 2027, avec un registre national. Pour la règle applicable aujourd'hui et la marche à suivre, consultez les sources officielles : swisstransplant.org et l'Office fédéral de la santé publique sur bag.admin.ch. Cadre vérifié le 08.07.2026.

La conséquence pratique est simple. Le meilleur moyen de faire respecter votre choix, dans un sens comme dans l'autre, est de le documenter et d'en informer votre entourage. Ne comptez pas sur une déduction : rendez votre volonté explicite.

Comment exprimer votre choix sur le don d'organes

Trois gestes complémentaires sécurisent votre décision :

1

Enregistrez votre volonté

auprès du dispositif national tenu par Swisstransplant.

2

Parlez-en à vos proches

Ce sont eux qu'on interrogera au moment venu.

3

Notez-le dans vos directives anticipées

, le document où vous fixez vos volontés médicales.

Vous pouvez dire oui, dire non, ou limiter votre don à certains organes. Le choix vous appartient entièrement, et vous pouvez le modifier à tout moment.

Don du corps à la science : une autre démarche

Le don du corps consiste à léguer votre dépouille à un institut d'anatomie universitaire. Elle sert alors à former les futurs médecins et à la recherche. C'est un choix distinct du don d'organes, avec son propre processus.

En Suisse romande, ce sont les instituts d'anatomie des universités qui reçoivent ces dons :

  • Lausanne (Université de Lausanne / CHUV) ;
  • Genève (Université de Genève) ;
  • Fribourg (Université de Fribourg).

Les étapes du don du corps

La démarche se prépare de votre vivant. Voici comment procéder :

1

Contactez directement l'institut d'anatomie

de votre région (Lausanne, Genève ou Fribourg).

2

Signez la convention

ou la déclaration écrite qu'il vous remet.

3

Conservez ce document

avec vos papiers importants, et remettez-en une copie à un proche.

4

Informez votre famille

de votre décision et de l'institut concerné.

Les conditions d'acceptation et les modalités varient d'un institut à l'autre. Certaines situations peuvent empêcher le don, par exemple une autopsie ou une maladie transmissible. Pour les détails, l'institut d'anatomie est votre seul interlocuteur fiable.

Erreur fréquente

Croire que le don du corps se décide après le décès. Il se prépare et se signe de votre vivant, en accord avec un institut précis.

Ce que le don du corps change pour les obsèques

Léguer son corps à la science modifie le déroulement habituel. La dépouille part vers l'institut d'anatomie, souvent peu après le décès. Les obsèques classiques, avec présentation du corps, ne se déroulent alors pas comme d'ordinaire.

Certains instituts organisent plus tard une cérémonie du souvenir et restituent les cendres à la famille. Là encore, les pratiques diffèrent selon l'établissement. Renseignez-vous à l'avance pour que vos proches sachent à quoi s'attendre.

Pour aller plus loin

Ces choix font partie de vos volontés à anticiper. Complétez-les avec les autres pièces de votre dossier :


Sources & références

Swisstransplant — Fondation nationale suisse pour le don et la transplantation d'organes, swisstransplant.org (consulté 2026-07-08)
Office fédéral de la santé publique (OFSP / BAG) — Loi sur la transplantation (LTx, RS 810.21) et consentement présumé (entrée en vigueur attendue dès 2027), bag.admin.ch (consulté 2026-07-08)
Instituts d'anatomie — Universités de Lausanne (UNIL/CHUV), Genève (UNIGE) et Fribourg (UNIFR) (consulté 2026-07-01)

Vos questions, nos réponses

Ce sont deux démarches séparées, et elles ne sont pas toujours compatibles. Le don d'organes vise la transplantation ; le don du corps vise l'enseignement. Vérifiez auprès de l'institut d'anatomie ce qu'il accepte dans votre cas.

Documentez votre choix et informez vos proches. Ce sont eux qu'on consultera. Un souhait connu et écrit a bien plus de poids qu'un souhait supposé.

Les modalités, y compris la prise en charge des frais, varient selon l'institut. Posez la question directement à l'établissement avant de signer la convention.

Auprès de Swisstransplant et de l'Office fédéral de la santé publique. Ces deux sources donnent le cadre à jour et la marche à suivre pour enregistrer votre volonté.