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Prévoyance

Mes proches sont-ils protégés si je décède ?

Cinq questions simples pour vérifier si vos proches seraient protégés en cas de décès en Suisse : revenus, dettes, AVS/LPP, état civil, volontés écrites.

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Par Michael

Publié le 24 juillet 2026 5 min de lecture

Jeune famille marchant dans un parc suisse, parent tenant la main d'un enfant, vus de dos

Vous vous demandez si votre famille serait à l'abri après votre décès. C'est une question responsable, pas morbide. Cinq questions simples suffisent à repérer les trous dans votre protection. Voici la checklist, et les pages qui aident à combler chaque manque.

Faire le point n'a rien d'angoissant

Se demander si ses proches sont protégés est un geste de prévoyance. C'est aussi normal que vérifier son assurance ménage. Personne ne pense à tout, et c'est humain.

Le but ici n'est pas de vous inquiéter. Il est de rendre visible ce qui existe déjà, et ce qui manque. Prenez les questions une à une. Notez vos réponses. Rien ne presse.

Question 1 — Qui dépend de mes revenus ?

Commencez par les personnes qui comptent sur votre argent au quotidien. Un·e partenaire, des enfants, un parent que vous aidez.

Posez-vous la vraie question : si mon revenu s'arrêtait demain, qui aurait un problème, et lequel ? Un couple à deux salaires équilibrés est moins exposé. Un foyer qui repose sur un seul revenu l'est davantage.

Plus la dépendance est forte, plus votre protection mérite attention.

Question 2 — Ai-je des dettes ou un crédit ?

Listez vos engagements : hypothèque, prêt personnel, leasing, cartes de crédit. En Suisse, vos héritiers reçoivent votre patrimoine, mais aussi vos dettes s'ils acceptent la succession.

Une hypothèque pèse lourd. Si le revenu du foyer baisse, le maintien du logement peut devenir difficile. Vos proches doivent alors choisir entre vendre le bien ou trouver un autre financement.

Notez chaque dette et demandez-vous : mes proches pourraient-ils l'assumer sans moi ?

Question 3 — Que versent déjà l'AVS et la LPP ?

Une partie de la protection est automatique. Elle vient des deux premiers piliers.

  • L'AVS (1er pilier, assurance-vieillesse et survivants) verse des rentes de survivants : rente de veuve ou de veuf, et rente d'orphelin pour les enfants.
  • La LPP (2e pilier, prévoyance professionnelle) prévoit une rente de conjoint et une rente d'orphelin. La rente de conjoint correspond en principe à 60 % de la rente du défunt, et celle d'orphelin à 20 % (LPP art. 18-22). À défaut d'ayant droit, un capital équivalent à trois rentes annuelles peut être versé.

Deux réflexes utiles. D'abord, le règlement de votre caisse de pension peut aller au-delà du minimum légal : demandez-lui votre situation exacte. Ensuite, une réforme des rentes de veuve et de veuf de l'AVS est en discussion au niveau fédéral (message du Conseil fédéral du 23.10.2024) ; les conditions pourraient évoluer.

Un 3e pilier ou une assurance privée complète parfois ces montants. Nous détaillons ces mécanismes dans notre dossier sur la prévoyance funéraire.

Question 4 — Mon couple est-il marié ou en concubinage ?

C'est souvent le plus grand trou, et le plus discret. En Suisse, le statut civil change tout.

Une personne mariée ou liée par un partenariat enregistré a droit à la rente de survivant de l'AVS et hérite selon la loi. Une personne en concubinage n'a, elle, aucun droit automatique : pas de rente de survivant de l'AVS, et aucun statut d'héritier légal sans testament.

La LPP fait parfois exception : certaines caisses versent une prestation au concubin, sous conditions (vie commune, déclaration écrite, enfant commun). Cela dépend du règlement de l'institution.

Si vous vivez en concubinage, vérifiez ce point en priorité. Un testament et une assurance décès comblent souvent l'écart.

Question 5 — Mes volontés sont-elles écrites ?

Une protection ne se limite pas à l'argent. Elle inclut vos décisions. Sans écrit, vos proches avancent à l'aveugle, en plein chagrin.

Faites le point sur trois documents :

  1. Un testament, surtout en concubinage ou en famille recomposée.
  2. Des directives anticipées, pour vos soins de fin de vie.
  3. Vos volontés funéraires, écrites et rangées à un endroit connu.

Ces documents allègent la charge mentale de vos proches. Ils évitent aussi les conflits entre héritiers.

Vous avez repéré un trou ? Voici par où continuer

Faites le compte de vos réponses. Chaque « non » ou chaque hésitation signale un point à travailler. Rien d'urgent, mais rien à laisser de côté.

  • Un revenu ou un·e partenaire mal couvert ? Regardez du côté de l'assurance décès.
  • Des frais d'obsèques à anticiper ? Le capital versé au décès mérite un examen.
  • Un statut de concubinage ? Combinez testament et solution de prévoyance.

Nous informons sans choisir à votre place : à vous de décider, avec une information neutre et adaptée à votre canton.

Questions fréquentes

Pas de la part de l'AVS : la rente de survivant est réservée aux personnes mariées ou en partenariat enregistré. La LPP peut faire exception si le règlement de votre caisse le prévoit et si les conditions sont remplies. Vérifiez auprès de votre caisse de pension.

En partie. L'AVS verse une rente d'orphelin, et la LPP une rente d'orphelin de l'ordre de 20 % de la rente du défunt. Ces montants ne couvrent pas toujours l'ensemble des besoins du foyer.

Traitez d'abord le statut civil et les personnes qui dépendent de vos revenus. Ce sont les deux points qui pèsent le plus. Écrivez ensuite vos volontés, puis examinez une solution de prévoyance adaptée.

Pas toujours. Un testament olographe, écrit à la main, daté et signé, est valable en Suisse. Le notaire devient utile pour les situations complexes : patrimoine important, entreprise, famille recomposée.

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