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Démarches

Cryptomonnaies et succession : ne pas perdre l'accès

Pourquoi les cryptomonnaies se perdent au décès, comment sécuriser l'accès (inventaire, clés) et les déclarer dans la succession suisse.

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Par Michael

Publié le 21 juillet 2026 5 min de lecture

Tiroir de bureau avec petite boîte métallique, clé et enveloppe scellée

Cryptomonnaies et succession forment un point aveugle du deuil. Sans la clé d'accès, l'argent disparaît : ni une banque, ni un juge ne peut le récupérer. Voici comment protéger vos avoirs de votre vivant, et comment vos proches les retrouvent et les déclarent dans une succession suisse.

Pourquoi les cryptomonnaies se perdent au décès

Une cryptomonnaie n'a pas de guichet. Personne ne détient un double de votre accès. Tout repose sur une clé privée (le code secret qui prouve la propriété des fonds).

Cette clé se présente souvent comme une seed phrase (la liste de 12 à 24 mots qui restaure un portefeuille). Qui possède ces mots possède l'argent. Qui les perd le perd pour toujours.

Le risque change selon l'endroit où sont gardées les cryptos :

  • En autonomie (portefeuille sur téléphone, ou portefeuille matériel type clé USB sécurisée) : vous seul avez la clé. Si personne ne la connaît, les fonds sont bloqués à jamais.
  • Sur une plateforme d'échange (un service qui achète et garde les cryptos à votre place) : la plateforme détient les clés. Vos proches peuvent réclamer les fonds, avec un acte de décès et un certificat d'héritier.

La leçon est simple. Un avoir invisible et sans accès transmis devient un avoir perdu.

Faire l'inventaire, sans écrire la clé en clair

Commencez par une carte de vos avoirs. Cette carte n'est pas la clé : elle dit quoi et , pas le secret lui-même.

Notez, pour chaque avoir :

  1. Le type de portefeuille (téléphone, portefeuille matériel, plateforme).
  2. Le nom de l'appareil ou de la plateforme.
  3. L'endroit où se trouvent les instructions d'accès.

Gardez ce document au calme, chiffré ou sous clé. N'écrivez jamais la seed phrase à côté de l'inventaire. La carte et la clé restent séparées. C'est cette séparation qui vous protège du vol comme de l'oubli.

Transmettre l'accès en sécurité

Un inventaire ne suffit pas : un proche de confiance doit pouvoir ouvrir la porte le moment venu. Plusieurs voies existent.

  • Le gestionnaire de mots de passe : beaucoup proposent un accès d'urgence, activé après un délai si vous ne répondez plus.
  • Le document scellé : vous confiez les instructions à un notaire, dans une enveloppe fermée, ouverte au décès.
  • Le partage en morceaux : la seed phrase est coupée en parts remises à des personnes différentes, réunies seulement à votre décès.

Choisissez une seule méthode, claire et testée. Dites à votre proche de confiance chercher, sans lui livrer le secret trop tôt.

Le mentionner dans vos volontés, sans la clé

Vos volontés gagnent à signaler que des cryptomonnaies existent. Sinon, vos héritiers ignorent ce qu'ils cherchent.

Une règle prime toutefois. N'inscrivez jamais la seed phrase ni la clé privée dans un testament. Un testament s'ouvre et se lit dans le cadre de la succession. Une clé écrite en clair devient un secret partagé, donc un risque de vol.

Écrivez plutôt une phrase neutre : « Je détiens des cryptomonnaies ; les instructions d'accès se trouvent [lieu]. » La clé, elle, vit ailleurs, protégée.

Côté héritiers : retrouver et déclarer les cryptos

Au décès d'un proche, quelques indices trahissent des avoirs numériques. Cherchez un portefeuille matériel (un petit boîtier ressemblant à une clé USB), des courriels d'une plateforme d'échange, une application de cryptomonnaie sur le téléphone, ou une feuille avec une suite de mots.

Ces avoirs comptent dans la succession. Les cryptomonnaies entrent dans la masse successorale (l'ensemble des biens transmis aux héritiers), au même titre qu'un compte ou un immeuble. Vous les inscrivez dans l'inventaire successoral, à leur valeur au jour du décès, en francs.

L'impôt relève du canton du dernier domicile de la personne défunte. Les règles d'imposition des successions varient d'un canton à l'autre : renseignez-vous auprès de l'administration cantonale concernée.

Un point demande de la lucidité. Sans la seed phrase, un portefeuille autonome reste inaccessible, même pour un héritier légitime. Déclarez alors ce que vous identifiez, et gardez toute trace utile. Pour le cadre complet, appuyez-vous sur notre dossier pour régler la succession et sur nos repères pour gérer l'héritage numérique après un décès.

Nous informons ici sans prendre parti à votre place : ce texte porte sur l'accès et la transmission, pas sur un choix de placement.

Questions fréquentes

Elles restent bloquées, sans recours. Aucune autorité ne peut recréer une clé privée perdue. C'est pourquoi la transmission de l'accès se prépare de votre vivant.

Non. Un testament se lit dans la succession et perd son secret. Signalez l'existence des cryptos et le lieu des instructions, jamais la clé elle-même.

Oui. Elles entrent dans la masse successorale et se déclarent à leur valeur au jour du décès. L'impôt dépend du canton du dernier domicile de la personne défunte.

Les héritiers contactent la plateforme avec un acte de décès et un certificat d'héritier. La procédure suit les conditions du service, comme pour un compte bancaire.

Pour aller plus loin. Poursuivez avec nos ressources pour régler la succession en Suisse romande, notre guide de l'héritage numérique après un décès et l'ensemble des démarches après un décès.

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